03 juillet 2007
The Wall
Samedi dernier j'ai assisté, sur un coup de tête, à une séance en version originale de ce film datant de 1982, réalisé par Alan Parker, et dans le rôle de Pink, Bob Geldof. Il m'a fallu moins d'une heure pour me préparer et arriver en avance, en plus, à la séance de 14h30, dans ce petit cinéma. Il ne paye pas de mine mais la salle unique est grande. Peu de monde, d'ailleurs, quelques connaisseurs. A vue de nez la moyenne d'âge devait être une quarantaine d'années. Juste un ou deux p'tit jeune, dont l'un que j'ai recroisé dans le métro ensuite qui m'avait tout l'air d'être un cinéphile d'une vingtaines d'années à tout cassé, et habillé d'un costard un peu trop grand pour lui et d'un sourire mal aisé.
Moi j'y suis allé un peu par défit. J'avais déjà vu le film, en cassette, vers treize ans il me semble, en me jurant que plus jamais je reverrai ce film (ça reste valable pour Orange Mécanique) par ce que trop violent psychologiquement pour moi à l'époque.
Je voulais savoir si j'allai ressentir ce même mal-être ou non.
Toutefois j'ai une certaine attirance vers ce film. Toute mon enfance et mon adolescence ont été marqués par tous les albums des Pink Floyds. C'est pas moi qui les écoutais, mais mon grand frère. Donc c'est assez particulier. Ces cassettes ont servies tellement de fois que je me demande aujourd'hui dans quel état elles sont. Et puis l'"étouffement" caractéristique des cassettes a fait que je suis habitué à un certain son des chansons.
Pour la première fois j'ai écouté ce film avec un autre "son", plus clarifié grâce au mastering qui m'a fait connaitre des nuances que je n'ai jamais entendu. Ca m'a donné la chair de poule!
Je me devais d'aller voir ce film, ayant la possibilité de le voir enfin sur grand écran. C'est un chef d'oeuvre. Les séquences dessinées, le traitement de la schizophrénie,la dénonciation de la société de consommation, les mensonges du gouvernement bien-pensant et aseptisé.
Tient, parlons-en. Ce film est d'une incroyable actualité. Dans le film, de nombreuses références à la Seconde Guerre, trouvent écho aujourd'hui dans le conflit en Irak : "Let the guys back home", ce passage-là reprit en choeur est particulièrement représentatif de l'abandon pure et simple des soldats, c'est l'histoire qui se répète.
Le film interroge le spectateur sur le sens de la vie. Un passage (Flower Scene) surtout, me revient: lorsque le mur se construit. "Shall we buy a new guitar? Shall we try to have a more powerfull car?..." Cette séquence met le doigt sur les priorités de chacun, sur ses choix. C'est un film d'une grande conscience et d'une grande ouverture d'esprit. En somme comment chacun de nous se place devant et dans cette société où tout s'achète, se monnaie, même les Petits LU. Ah, et puis lorsque des casseurs sont arrêtés, les ménagères se servent au passage, c'est trop ça!
Juste une petite question pour terminer, j'ai du mal à saisir à quoi et à qui fait référence Eva Lynn. Quelqu'un ou quelqu'une pourrait-il m'éclairer?
The Graduate
J'ai vu ce soir sur Arte ce film avec Dustin Aufman, qui interprète remarquablement son rôle (Ben). L'un des thèmes de ce film est la volonté, cette volonté qui révèle des aspirations profondes. Les divers personnages révélant peu à peu leur vrai nature, un jeu des apparences, aussi. Le passage que je préfère se situe au moment où Ben vit sa première fois :c'est un paroxysme de tourbillons de sentiments, liés au montage de cette séquence (plans rapprochés dans la piscine, gros plans). La manière de tenir la cannette est très représentative, forcément. Puis la cigarette marque une rupture entre la vie de Ben avant cet évènement et après celui-ci. La fin est un peu plus convenue, attendue, je dirais: Ben retrouve et enlève Hélène. A ce moment, les détracteurs "sont prêts à mordre", des gros plans sur les dents et les regards haineux. Enfin les passagers du bus dédramatisent la situation tendue des deux personnages en les fixants comme des merlans frits, marquant par-là même la rareté de ce type d'évènement "dans le coin".
Ce film est construit par échelon, d'où le titre.
Lorsque Ben suit Hélène en douce à l'université, j'ai repensé au film " 9 semaines 1/2" où John (Mickey Rourke) observe discrètement Elizabeth (Kim Bassinger) avant de l'aborder de manière apparemment naturelle. Il faudra que je revoie ce film, en entier cette fois-ci.
